L’UPCF se renforce dans un monde chahuté


La 79e assemblée générale de l’Union Patronale du Canton de Fribourg (UPCF) s’est tenue à la HEIA-FR. L’association poursuit sa croissance et adapte son organisation aux nouvelles réalités.

Réunis le 18 juin, les représentants de l’Union Patronale du Canton de Fribourg (UPCF) ont dressé le bilan de l’exercice 2025. Développement de l’association, formation professionnelle et défense des intérêts de l’économie ont figuré parmi les principaux thèmes de cette assemblée générale, marquée également par les interventions du conseiller d’État Romain Collaud et du divisionnaire Rolf Siegenthaler.

Frank-Olivier Baechler

De la prudence, mais pas d’immobilisme. » C’est en substance le message adressé par le président Patrick Gendre aux membres de l’UPCF à l’occasion de la 79e assemblée générale de l’association. Face aux tensions géopolitiques, au retour du protectionnisme, à la pénurie de personnel qualifié et aux nombreuses incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale, il a souligné la capacité de résistance de la Suisse et du canton de Fribourg, sans perdre de vue les opportunités que le contexte actuel peut offrir aux entreprises capables d’anticiper et de s’adapter. Dans son rapport, Patrick Gendre a rappelé que l’économie suisse avait su maintenir
le cap en 2025. Chaque point de croissance ayant été acquis de haute lutte, il a salué les efforts déployés par les entreprises pour préserver leur compétitivité tout en évoquant les atouts du canton de Fribourg, dont la diversité du tissu économique contribue à amortir les chocs conjoncturels. « Fribourg reste un canton attractif, terre d’innovation et d’entrepreneuriat », a-t-il souligné. Ce constat ne doit toutefois pas faire oublier les défis persistants auxquels sont confrontées les PME.

Direction élargie et nouveaux mandats

Soucieuse d’accompagner son évolution, l’UPCF a mis en place une direction élargie début 2026 (voir l’encadré). « L’élargissement de la direction n’est pas seulement une adaptation organisationnelle, mais une étape importante pour renforcer durablement l’efficacité, l’agilité et la viabilité à long terme de notre organisation », a souligné son directeur Reto Julmy. Car l’année 2025 a confirmé la dynamique de croissance de l’UPCF, portée notamment par l’arrivée de nouveaux mandats de gestion et l’élargissement progressif de ses domaines d’activité. Christian Schafer, directeur adjoint, est revenu sur l’essor du secteur de la santé, marqué par l’intégration de plusieurs associations au sein de l’organisation. Cette dynamique a favorisé le développement de synergies ainsi que la mise en place d’un Pôle Santé destiné à renforcer les échanges entre les acteurs·trices de la branche.

Campagnes politiques et formation professionnelle

Sur le plan politique, l’association a notamment joué un rôle déterminant dans la campagne contre l’introduction d’un salaire minimum cantonal, finalement rejeté par la population fribourgeoise, comme l’a démontré le directeur adjoint Daniel Bürdel. L’assemblée générale a également été l’occasion d’évoquer avec satisfaction le récent refus de l’initiative fédérale visant à limiter la population suisse à dix millions d’habitant·e·s, un dossier dans lequel l’UPCF s’était également engagée. Autre sujet majeur, la formation professionnelle demeure l’un des axes stratégiques de l’UPCF. Dans ce contexte, l’accent a été mis sur la poursuite du développement de la plateforme Apprentissage Fribourg et sur le nouveau programme Formateurs Fribourg, destiné à soutenir les responsables de formation en entreprise dans leur mission. Une collaboration renforcée avec la Direction de la formation et des affaires culturelles (DFAC) doit également permettre de mieux faire connaître les opportunités offertes par la voie duale auprès des élèves, des parents et du corps enseignant. L’UPCF a par ailleurs obtenu le label « Valeurs de Fribourg », qui récompense les organisations dont les pratiques et les valeurs reflètent l’identité économique et humaine du canton (voir l’article en page 20).

Sécurité et économie : des liens toujours plus étroits

Au nom du Conseil d’État, Romain Collaud, directeur de la sécurité, de la justice et du sport, a ensuite rappelé que « la sécurité est devenue ou redevenue une condition-cadre fondamentale du développement économique ». Longtemps considérée comme acquise, elle constitue aujourd’hui un enjeu quotidien pour les entreprises comme pour l’ensemble de la société. Le conseiller d’État a notamment évoqué les défis liés à la cybersécurité, à la protection des infrastructures critiques et aux conséquences de la dégradation de l’environnement sécuritaire en Europe. Cette réflexion a trouvé un prolongement naturel avec l’intervention du divisionnaire Rolf Siegenthaler, chef de la Base logistique de l’armée, dont l’exposé a mis en évidence les liens étroits entre sécurité, approvisionnement et activité économique (lire l’interview en page 6).

À la rencontre de la direction élargie

Afin d’accompagner la croissance de ses activités et de s’adapter à un environnement économique de plus en plus
complexe, l’UPCF a mis en place une direction élargie au début de l’année 2026. Cette évolution vise à renforcer certaines compétences clés et à permettre à la direction de se concentrer davantage sur les enjeux stratégiques. Six mois après leur nomination, Martina Guillod, Sonya Eicher et Alain Chapuis répondent à trois questions sur leur rôle, les défis de leur domaine et leurs priorités.

Après six mois dans vos nouvelles fonctions, quel premier bilan tirez-vous de cette expérience ?

Sonya Eicher, Marché du travail, commissions paritaires et IT : Grâce à mon expérience et à mes différentes fonctions au sein de l’UPCF, j’ai rapidement pris mes marques. Ces premiers mois ont permis de consolider les priorités informatiques et de développer des solutions adaptées aux besoins des collaborateurs·trices et des associations professionnelles.

Martina Guillod, Juridique et RH : La fonction RH est très enrichissante, notamment sur le plan humain. J’ai la chance de travailler avec et pour des personnes motivées. J’ai aussi plaisir à m’impliquer davantage dans les questions stratégiques de l’UPCF.

Alain Chapuis, Projets transversaux : Je tire un bilan très positif de ces premiers mois. Cette nouvelle fonction me permet de m’impliquer davantage dans les réflexions stratégiques et le développement de l’UPCF.

Quel est, selon vous, le principal défi de l’UPCF dans votre domaine de responsabilité ?

Sonya: L’intégration de nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, constitue un défi majeur. Ces technologies offrent de nombreuses opportunités, mais elles doivent être mises en place de façon pragmatique et adaptée à l’entreprise.

Martina : La qualité des prestations de l’UPCF dépend directement de nos collaboratrices et collaborateurs. Il est donc important de leur offrir un environnement de travail leur permettant de donner le meilleur d’eux/elles-êmes au quotidien. Je tiens également à renforcer leur identification aux valeurs et aux missions de l’UPCF.

Alain: L’un des principaux défis est de renforcer les synergies entre les associations professionnelles réunies au sein de l’UPCF, dont la diversité des domaines d’activité constitue une véritable richesse. L’enjeu est de fédérer les compétences et les expertises autour d’une vision commune afin de développer des projets transversaux bénéfiques à l’ensemble des associations et de leurs membres.

Quelle est votre principale priorité pour 2026 dans le cadre de cette nouvelle fonction ?

Sonya: Poursuivre la transformation numérique de l’UPCF en développant des outils utiles et fiables, tout en garantissant la sécurité des systèmes d’information et en soutenant activement la direction dans ses missions.

Martina: Formaliser nos pratiques, développer de nouveaux projets et accompagner notre personnel. Je me réjouis également de l’arrivée d’une spécialiste RH à la rentrée, qui viendra renforcer notre équipe.

Alain: Ma principale priorité est la mise en place d’une gestion électronique des documents (GED) au sein de l’UPCF. Après une importante phase préparatoire, ce projet devrait entrer dans une étape plus concrète dès l’automne 2026.