Formation professionnelle et certification : pourquoi certains cantons réussissent mieux que d’autres


En Suisse, l’objectif politique est connu depuis près de vingt ans : permettre à 95% des jeunes adultes d’obtenir un diplôme du secondaire II, qu’il s’agisse d’un certificat fédéral de capacité, d’une maturité ou d’une autre certification post-obligatoire. Pourtant, en 2023, ce taux n’atteignait que 90,2%, en recul par rapport aux 91,3% observés six ans plus tôt.

Des différences cantonales marquées

L’analyse récente publiée par Avenir Suisse met en évidence des écarts importants entre cantons. Certains atteignent déjà l’objectif national : c’est le cas d’Obwald et de Nidwald. D’autres s’en approchent fortement, comme les Grisons ou Uri, avec environ 94% de certification.

À l’inverse, plusieurs cantons urbains romands ferment le classement : Genève (84,7%), Vaud (86,5%) et Bâle-Ville (87,5%). Fribourg se situe à 88,4%, soit le quatrième taux le plus bas du pays : concrètement, près d’un jeune adulte sur huit n’achève pas de formation certifiante après l’école obligatoire.

Une corrélation claire : plus d’apprentissage, plus de certification

Le point central de l’étude est particulièrement instructif : les cantons où une plus grande part des jeunes choisit la voie de l’apprentissage obtiennent en moyenne de meilleurs résultats en matière de certification.

À l’inverse, lorsque la part des élèves orientés vers le gymnase augmente fortement, le taux global de certification tend à diminuer. Cette corrélation reste valable indépendamment du caractère urbain ou rural du canton ainsi que des différences démographiques ou migratoires.

Autrement dit, le système dual agit comme un facteur de stabilisation : il permet à davantage de jeunes de terminer une formation reconnue et d’entrer durablement sur le marché du travail.

Le système dual reste un levier majeur pour l’économie

Cette réalité confirme ce que les milieux économiques constatent depuis longtemps : la formation professionnelle duale offre une voie particulièrement efficace vers la qualification.

L’alternance entre entreprise et école permet une insertion progressive dans le monde professionnel, une acquisition rapide de compétences concrètes et une adaptation directe aux besoins de l’économie.

Dans plusieurs branches techniques, artisanales, industrielles ou de services, un CFC ouvre rapidement des perspectives salariales attractives, tout en laissant ouvertes de nombreuses possibilités de perfectionnement : brevet fédéral, école supérieure ou HES.

Fribourg : un potentiel encore important

Pour Fribourg, le constat appelle à poursuivre les efforts de valorisation.

Le canton dispose d’un tissu économique fortement engagé dans la formation, mais les chiffres montrent qu’un potentiel d’amélioration subsiste encore sur le plan de la certification globale.

L’enjeu n’est donc pas uniquement d’augmenter le nombre de places d’apprentissage, mais aussi de renforcer la compréhension des parcours possibles auprès des jeunes et de leurs familles.

Informer davantage les familles, notamment issues de la migration

L’article souligne également une réalité de terrain : de nombreuses familles qui n’ont pas grandi en Suisse connaissent mal la logique du système dual et perçoivent encore le gymnase comme la seule voie de réussite.

Dans ce contexte, les soirées d’information destinées aux communautés étrangères apparaissent comme un outil particulièrement pertinent. Elles permettent d’expliquer concrètement :

  • les débouchés professionnels ;
  • les passerelles possibles ;
  • les perspectives salariales réelles ;
  • les évolutions de carrière après un apprentissage.

Un enjeu économique et social durable

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qualifiée, renforcer l’attractivité de la formation professionnelle reste un enjeu central pour l’économie cantonale.

Mieux informer, mieux expliquer et mieux valoriser l’apprentissage constitue aujourd’hui un levier concret pour rapprocher la Suisse de son objectif de certification.

Source: Article Avenir Suisse