Le 8 mars 2026, le peuple suisse votera sur l’initiative populaire « 200 francs, ça suffit ! ». Ce texte vise à plafonner la redevance radiotélévision à 200 francs par an, contre 335 francs aujourd’hui, et à exonérer totalement les entreprises. L’initiative entend réduire le financement du service public audiovisuel, en particulier celui de la SSR, afin d’alléger la charge pesant sur les ménages et les PME. Cette proposition est soutenue par la Chambre patronale, organe politique de l’Union Patronale du Canton de Fribourg. Sa présidente, Liliane Kramer, explique la position de l’économie fribourgeoise.
La Chambre patronale a décidé de soutenir l’initiative « 200 francs, ça suffit ! ». Qu’est-ce qui a été déterminant dans cette prise de position en faveur du texte ?
L’élément déterminant est la double charge qui pèse sur les entrepreneurs·euses. Ils paient la redevance à titre privé et via leur entreprise, lorsque leur chiffre d’affaires atteint 500 000 francs. À cela s’ajoute le fait que la SSR dispose aujourd’hui de ressources financières très importantes, alors même que son mandat ne cesse de s’étendre. Dans ce contexte, la redevance actuelle apparaît disproportionnée pour les ménages et, en particulier, pour les entreprises. L’initiative corrige cette dérive, fixe des garde-fous financiers clairs et ramène le service public à son noyau nécessaire et légitime.
En tant que présidente de la Chambre patronale, comment résumeriez-vous le message que l’économie fribourgeoise souhaite faire passer avec ce soutien ?
Notre message est simple : le financement actuel des médias est déséquilibré. L’économie demande des conditions-cadres équitables, une transparence accrue des coûts et un marché médiatique dans lequel les acteurs privés disposent de réelles chances. La SSR ne doit plus s’étendre, grâce à des redevances obligatoires, dans des domaines qui ne relèvent pas directement de son mandat de base. Il s’agit de revenir à un mandat plus ciblé et clairement défini.
L’initiative prévoit une baisse nette des moyens de la SSR et une redéfinition de sa mission autour d’un « service indispensable à la collectivité ». Pourquoi cette évolution est-elle jugée nécessaire par les représentant·e·s de l’économie ?
L’initiative prévoit une baisse nette des moyens de la SSR et une redéfinition de sa mission autour d’un « service indispensable à la collectivité ». Pourquoi cette évolution est-elle jugée nécessaire par les représentant·e·s de l’économie ?
La limitation de la redevance à 200 francs par ménage et l’exonération totale des entreprises constituent des changements importants. En quoi ces mesures répondent-elles aux préoccupations actuelles des PME ?
La redevance actuelle constitue un coût fixe non maîtrisable, payé indépendamment de l’utilisation réelle et calculé sur le chiffre d’affaires. Sa suppression aura un effet direct sur la création de valeur et renforcera la compétitivité. Dans un contexte de hausse généralisée des coûts, chaque allègement structurel compte.
Certain·e·s craignent qu’un affaiblissement de la SSR ne pénalise les régions périphériques. Comment l’économie fribourgeoise répond-elle à cette critique ?
Cette crainte est exagérée. L’initiative ne prévoit aucun démantèlement de la couverture régionale. Elle exige uniquement une priorisation du mandat de base. Avec un service public clairement défini, les régions resteront desservies. Seuls les doublons coûteux et les structures sur-dimensionnées sont remis en question.
Oui à l’initiative populaire « 200 francs, ça suffit ! »
Lors de leur séance, les membres de la Chambre patronale ont décidé de soutenir cette initiative. La Chambre patronale soutient cette initiative, qui :
- plafonne la redevance des ménages à 200 francs,
- exonère les entreprises,
- recentre la SSR sur un service public strictement indispensable,
- crée de l’espace pour les médias privés et une concurrence plus équilibrée.