Un microscope à fluorescence portable pour des diagnostics rapides


Porté par Morgane Loretan, ce projet fribourgeois vise à transformer le diagnostic phytosanitaire et vétérinaire grâce à un microscope portable capable de détecter une seule molécule alliant rapidité et fiabilité. Morgane est chercheuse en optique, nano­ technologie et biophotonique. Diplômée de l’EPFL et de l’Université de Fribourg, elle travaille au sein du laboratoire Photonic Nanosystems, où elle mène des recherches sur des systèmes optiques et la nanotechnologie à base d’ADN. Ce projet est issu du Knowledge Transfer of Technologies (KTT) , dont l’objectif est de transformer les résultats de la recherche académique en solutions concrètes pour le marché.

Qu’est-ce qui a inspiré la création de votre projet ?

Nous sommes parti·e·s d’un constat : les solutions actuelles pour détecter les maladies dans les cultures ou les élevages sont soit fiables mais lentes et peu transportables, comme la PCR (Polymerase Chain Reaction), soit rapides mais peu sensibles, comme les bandelettes. Jusqu’ici, personne n’avait réussi à combiner ces qualités dans une seule solution. C’est ce défi qui nous a motivé·e·s.

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots en quoi consiste votre innovation ?

Nous avons développé un prototype de micro scope portable plus petit qu’une boîte à chaussures, alimenté par batterie et compatible avec n’importe quel smartphone. Cet appareil est ensuite associé à des tests spécifiques et à une application mobile. L’ensemble permettra d’obtenir des diagnostics rapides et sensibles directement sur site, sans passer par un laboratoire. Le microscope sera vendu une seule fois, les tests en fonction des besoins, et l’application fonctionnera sous licence. C’est cette combinaison qui rend la solution accessible, fiable et facile à utiliser.

Qui sont vos client·e·s actuel·le·s et quels sont vos marchés potentiels ?

Nos premiers tests pilotes ciblent les agriculteurs·trices, pour les cultures et les élevages. Les marchés phyto sanitaires et vétérinaires connaissent une croissance annuelle de près de 10 %, ce qui ouvre des perspectives considérables. Toutefois, notre technologie est flexible : à terme, nous visons aussi les diagnostics humains et l’industrie alimentaire.

En quoi votre solution est-elle différente de celles existantes dans votre domaine d’activité ?

Elle est portable, rapide, fiable et sensible, tout en restant abordable. Nos tests sont polyvalents et peuvent être adaptés à différentes maladies. De plus, l’application offrira des alertes en temps réel et favorisera une surveillance collective, ce qui est inédit.

Quelles sont les prochaines étapes prévues ?

L’objectif pour 2026 est d’optimiser le microscope pour le terrain, de développer le premier test pour la betterave et de lancer la version bêta de l’application. Nous avons une lettre d’intention de Grangeneuve qui nous aidera à réaliser des tests pilotes. Ensuite viendront la création d’un spin-off, la certification et l’expansion vers les marchés vétérinaires et phytosanitaires.

« Notre solution est rapide, portable et sensible. »

Pour conclure, vous êtes soutenu·e·s par Fri Up depuis de nombreuses années. Comment s’illustre cette collaboration ?

Fri Up nous accompagne dans la structuration du projet, la recherche de financements, la préparation des dossiers, ainsi que dans la mise en réseau avec des partenaires stratégiques de l’écosystème de l’innovation.